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MALMEDY - Bibliothèque communale de Malmedy MALMEDY 943 WEL M201311691

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Date : 31/05/2013 - 10:16:18 Auteur : booksmag (via Babelio)

Un livre à la fois captivant et capital.
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Date : 24/06/2013 - 11:48:11 Auteur : Lexpress (via Babelio)

L'essai "Grand-père n'était pas un nazi" explore la manière dont on parle de l'époque nazie et de la Shoah au sein des familles allemandes. Sidérant.
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Date : 30/11/2013 - 08:06:53 Auteur : YvesParis (via Babelio)

Harald Welzer et son équipe de sociologues de l'université de Hanovre étudient depuis vingt ans la transmission de la conscience historique en Allemagne. À l'occasion de la publication de "Soldats", un décryptage des récits des soldats allemands durant leur captivité, Gallimard propose la traduction d'une étude rédigée au tournant du siècle sur la transmission du souvenir du nazisme et de la Shoah dans les familles allemandes. À partir de 182 entretiens, collectifs puis individuels, réalisés auprès de 40 familles plurigénérationnelles, en Allemagne de l'Ouest comme en Allemagne de l'Est, les auteurs tirent deux enseignements. Le premier est surprenant. La génération des témoins ne montre pas de réticence à se remémorer son histoire. Ce résultat contredit le mythe cultivé par la génération des enfants, qui, dans les années 1960 ou 1970, ont reproché à leurs parents de s'être cloîtrés dans un silence hypocrite. Ce résultat doit toutefois être relativisé. Il tient, d'une part, à la constitution de l'échantillon des enquêteurs qui, par construction, n'inclut que des familles disposées à discuter collectivement de leur passé. Il tient, d'autre part, à l'époque à laquelle ces entretiens ont été réalisés : au crépuscule de leurs vies, les témoins montrent peut-être moins de réticences à narrer un passé qu'ils imaginent, à tort ou à raison, frappé de prescription. Le second est choquant. Que les témoins édulcorent leurs souvenirs est de bonne guerre. Ils prennent la posture de victimes : victimes du régime policier nazi, du service militaire, de la dureté des combats, des bombardements alliés, des camps de captivité, des exactions des Russes, etc. Il est plus choquant en revanche que leurs enfants et plus encore leurs petits-enfants ne remettent pas en cause ces témoignages. Pour eux « grand-père n'était pas un nazi ». Pourtant, la génération des grands-parents évoque parfois, fût-ce à mots couverts, des arrestations, des exécutions, auxquelles ils ont assisté sinon collaboré. Ces récits-là ne sont pas « entendus » par leurs descendants qui, au contraire, érigent en faits de résistance des actes anodins pour reconstruire l'image idéale d'un aïeul courageux voire héroïque. Par exemple, un petit-fils raconte que son grand-père a retourné son arme contre son commandant lorsque l'ordre lui a été donné d'exécuter des prisonniers, alors que son grand-père n'avait rien fait de tel. Autre exemple : une petite-fille affirme que sa grand-mère avait « aidé des Juifs durant la guerre », alors que la grand-mère s'était simplement abstenue de dénoncer des voisins. Un hiatus infranchissable existe entre la mémoire collective, transmise par la culture publique du souvenir, qui ressasse à l'envi l'inhumanité du régime nazi et l'horreur absolue de la Shoah, et la mémoire familiale qui refuse de voir dans un débonnaire grand-père le complice de ces crimes. Cette dimension émotionnelle de la conscience historique révèle les limites de l'éducation scolaire. À l'école, à la télévision, dans tout l'espace public, la génération des enfants et des petits-enfants a été élevée dans le souvenir permanent des horreurs du nazisme. La réprobation du Troisième Reich est quasi-unanime dans la société allemande. Pour autant, elle coexiste paradoxalement avec un « album » familial romantique et enjolivé dans lequel le passé des aïeuls demeure irréprochable. Il serait intéressant d'effectuer la même enquête en France. On aboutirait sans doute au même résultat désespérant, amplifié par le mythe résistancialiste véhiculé par le gaullisme : pour la génération des enfants et des petits-enfants, leurs grands-parents furent de courageux résistants ou, au pire, d'impuissantes victimes de l'Occupation, mais certainement pas d'odieux collaborationnistes.
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Date : 21/01/2014 - 19:31:01 Auteur : NonFiction (via Babelio)

Cette étude donne à saisir les ressorts intimes pour expliquer l'inexplicable. Elle donne à voir les stratagèmes mis en place pour surmonter la catastrophe, ne pas crouler sous le poids de la culpabilité en s'appuyant sur l'idée qu' "Allemands et nazis étaient deux groupes de personnes totalement différentes" qui ne se sont mélangés que lorsque ceux-ci devenaient des "nazis forcés".
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Date : 11/02/2014 - 17:56:13 Auteur : mariecesttout (via Babelio)

En fait, il y a deux livres sortis récemment en France, le premier est intitulé Soldats- Combattre, tuer, mourir: procès-verbaux de récits de soldats allemands, comptes-rendus des écoutes de prisonniers de guerre allemands analysées par l'historien Sönke Neitzel et le psychosociologue Harald Welzer. J'en ai lu quelques extraits dans les critiques de ce livre , par exemple: " Les chevaux me faisaient de la peine. Les gens, pas du tout », dit un lieutenant de la Luftwaffe qui a mitraillé un convoi de civils en Pologne. « Qu'est-ce qu'on s'est amusés », dit un sous-marinier racontant comment il a coulé un convoi transportant des enfants. « Rattata » est l'interjection utilisée par le caporal parachutiste Büsing pour expliquer comment sa compagnie, à l'aube, a assassiné au pistolet-mitrai­l­leur tout un village « près de Lisieux-Bayeux », en 1944." Que dire, sinon qu'en lire plus ne me semblait pas utile. Par contre Gallimard a fait paraître en même temps cet ouvrage sociologique qui date de 2002, et la mémoire familiale est un sujet qui me passionne. A partir d'entretiens avec des familles qui comportaient toutes au départ des membres, à un titre ou un autre, du parti national socialiste, les chercheurs ont tenté de cerner ce qu'avaient retenu les générations suivantes . C'est un ouvrage difficile à lire parce qu'un peu fastidieux et qu'il me serait quasi impossible de résumer. De toute façon, c'est fait dans la quatrième de couverture au-dessus et dans le commentaire de Ygounin. En gros, donc, plus on s'éloigne de l'individu d'origine, plus on assiste à des excuses ( s'ils l'ont fait, c'est parce que ils n'avaient pas le choix), un déni ( personne n'était de toute façon antisémite) ou même une " héroïsation" cumulative ( beaucoup de Juifs ont été cachés, nourris, non dénoncés, etc) afin de bien pouvoir extraire ses propres aïeux de la conscience historique et permettre ainsi de faire coexister pacifiquement le " mal" du pouvoir national- socialiste et le " bien" représenté par ses propres grands-parents et arrières grands-parents. On est bien loin de la banalité du mal de Hannah Arendt, par contre la banalité du bien est de règle... Et ceci d'autant plus qu'il s'agit d'individus éduqués dans la conscience historique, les commémorations et nourris de fictions mettant en spectacle cette période.Ce qui est plus surprenant. A ce niveau, comme ce n'est pas du tout un ouvrage de psychologie et que les auteurs ne nous expliquent pas pourquoi il en est ainsi, j'aurais moi tendance à penser qu'après tout, ceci est très humain. Grand-Père n'a pas dû trop se vanter de certains actes , et les générations suivantes n'ont voulu retenir que ce qui leur convenait sans se poser plus amples questions? Plus étonnante, enfin, pour moi, est la persistance de " clichés "liés la plupart du temps aussi pour les jeunes générations , à toutes les images qu'ils ont vues : le Russe est un violeur, l'américain est toujours sympa, le Juif est toujours riche à millions ( et donc aurait dû pouvoir partir...) et le petit fils interrogé? Et bien, écoutons un jeune homme né en 76: " Parce qu'ici , je n'ai pu voir que ça dans les films , l'enthousiasme des gens, c'était tout de même la classe, la manière dont ils ont fait ça! Comme ils criaient tous: Heil Hitler, ou Sieg Heil! Et cet enthousiasme des gens, c'est ce qui est fascinant d'une certaine manière, la force qu'avait ce peuple à ce moment -là. Parce qu'ils ont tous eu peur de nous! " Que l'on n' accepte pas que son grand-père ait pu être un nazi, pourquoi pas. Mais qu'on en arrive à souhaiter qu'il l'ait été, et, finalement, en être très fier, c'est peut être un petit peu plus inquiétant? Je pense aussi que la même enquête menée en France aurait les mêmes résultats. Il est bien connu que tous les Français étaient des résistants de première heure.. Le secret de famille sur ces questions délicates règne partout. Par contre, je ne suis pas certaine ( enfin, j'espère naïvement) qu'il n'y aurait pas en France de jeune ayant souhaité avoir un grand-père collabo? Mais ,en fait, il me semble après avoir lu certaines réponses des jeunes générations allemandes , que c'est l'aspect fédérateur et triomphant qui alimente certains fantasmes. Ces aspects ne me semblent pas avoir existé en France, où c'était plus... retors!
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