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4/12
Nu dans le jardin d'Éden : roman
Auteur :
Crews, Harry 1935-2012
Raynal, Patrick 1946-....
Type de document :
Livres

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LA LOUVIERE - Bibliothèques communales (Rés.Louv. Lect. Publ.) STREPY - BRACQUEGNIES 8A-CRE-2319 1 oui 540807951

Garden Hill est un petit village abandonné depuis le départ de Jack O?Boylan, le propriétaire des mines de phosphates qui assuraient jusque là la prospérité de la ville. Depuis, seules quelques familles résistent, perdues entre l?espoir de voir Jack revenir et la colère face au nouvel héritier des terrains : Fat Man, un obèse ignorant. Entre complots, manigances amoureuses et trahisons, Dolly, une ancienne reine de beauté va tout mettre en ?uvre pour abattre les vieilles idoles et convertir Garden Hill à ce qu?elle considère être l?avenir : le tourisme et la débauche. Harry Crews est né en 1935. Engagé dans les Marines, il fera quelques passages en prison et croisera des destins hors du commun. Il s?est imposé comme l?un des plus grands écrivains américains de romans noirs, et est l?auteur de seize ouvrages.

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Date : 27/11/2013 - 16:29:09 Auteur : encoredunoir (via Babelio)

Livre devenu quasiment une légende urbaine, un mythe, tant, après qu'il a complètement cessé d'être édité aux États-Unis, il était devenu introuvable, Nu dans le jardin d'Éden (Naked in Garden Hills) débarque en France grâce à Patrick Raynal - qui avait édité Harry Crews en France à la Série Noire - et aux éditions Sonatine. Nu dans le jardin d'Éden est seulement son deuxième roman, en date de 1969, mais il y a déjà dedans tout ce qui fait la singularité de Harry Crews : des personnages de freaks (deux d'entre eux viennent d'ailleurs directement d'une fête foraine) attirés par le pouvoir, l'argent mais surtout la reconnaissance et un semblant de sens à donner à leurs vies, des corps malmenés par les autres mais aussi et surtout par eux-mêmes, un vernis grotesque qui sert à toucher du doigt l'essence de l'homme ; un homme qui est loin de l'innocence édénique mais qui possède bel et bien son libre arbitre et qui est loin d'être dénué de vice. Garden Hills, donc est l'Éden du titre français. Un Éden dont le démiurge, Jack O'Boylan, a fait un immense chantier à ciel ouvert en y créant une mine de phosphate qui a permis, dans cette Floride profonde, à quelques familles de vivre confortablement. Mais un jour O'Boylan a disparu et la mine a fermée. Ne restent plus qu'une douzaine de familles et un représentant d'O'Boylan sur Terre : Fat Man, 280 kilos à la dernière pesée, installé dans la maison sur la colline qui domine la petite communauté. Un monde partant en lambeaux et vivant dans l'attente du retour d'O'Boylan et de la prospérité. Jusqu'au jour où revient Dolly, ancienne Miss Phosphate partie à New York pour retrouver Jack O'Boylan et le convaincre de redonner vie à Garden Hills. Si elle n'a pas trouvé l'insaisissable créateur de la communauté, elle n'en revient pas moins avec un projet censé rendre vie à ce rêve évanoui. Car dans la grande ville elle a enfin compris ce qui fait tourner le monde : le sexe allié au voyeurisme. Tout est donc là, dans cette atmosphère surréaliste, grotesque, où les filles concourent pour savoir laquelle aura l'honneur de trôner dans une cage, où les touristes se pressent devant une lunette pour apercevoir un obèse qui grossit à vue d'oeil en se gavant de produits de régime, où les vicissitudes de l'amour et du désir de pouvoir bouleversent les plans des uns et des autres… Crews se plaît à caricaturer, à grossir le trait pour mieux faire jaillir l'humanité, et si le procédé apparaît encore un peu forcé dans certains passages, il n'en demeure pas moins que Nu dans le jardin d'Éden est une heureuse découverte, une belle pépite noire que viennent illuminer quelques véritables moments de grâce jusqu'à une scène finale dantesque.
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Date : 30/11/2013 - 08:55:22 Auteur : Djolyen (via Babelio)

Le «jardin d'Eden» du titre n'en a que le nom. C'est Garden Hills, ville minière fantôme entre deux routes nationales floridiennes. Dans cette vallée dynamitée pour son phosphate, depuis que le magnat Jack O'Boylan a décanillé, ne végètent plus que quelques marginaux qui croient au retour du patron comme au Messie. Sur la colline, il y a Fat Man, obèse qui bouffe en cocktails diététiques la fortune que son père s'est taillée en arnaquant l'entrepreneur. Son valet, c'est Jester, ancien jockey encore habillé de sa casaque de soie verte dont la nana, Lucy, en a soupé de vendre ses fesses dans les foires. Y a Iceman le glacier et sa vieille carne. Et Dolly donc, dont le talent de stripteaseuse donne des idées, et des ailes, aux majorettes qui poussent dans les taudis. Avec Nu dans le jardin d'Éden, Sonatine exhume une nouvelle fois un roman oublié de la littérature US. Noir mais absurde, Harry Crews creuse entre Donald Ray Pollock et Beckett. Un existentialisme des terrils qui assomme plus encore en 2013 qu'en 1969.
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Date : 22/12/2013 - 08:37:04 Auteur : trust_me (via Babelio)

Prenez une ancienne mine de phosphate floridienne devenue une ville fantôme où tentent de survivre une douzaine de familles. Au coeur de cette petite communauté, placez Fatman, 280 kilos sur la balance, des « petits orteils roses aussi tendres que les tétons d'une vierge » et « un nombril aussi profond qu'une tasse de thé ». A ce « roi obèse » ajoutez Jester, ancien jockey d'un mètre dix traumatisé par un accident en course et qui depuis fait du cheval à bascule, Dolly, ex-reine de beauté voulant transformer la mine en bordel avec go-go danseuses, Lucy, échappée d'un Freak Show où elle fumait des cigarettes avec son vagin devant « une foule masculine qui passait son temps à lui demander d'essayer avec son trou du cul » ou encore Wes, au chômage depuis l'arrêt de l'exploitation du phosphate et qui passe ses journées à creuser un trou qu'il rebouche le soir venu. Mélangez bien le tout et vous vous retrouvez avec un récit peuplé de créatures aussi sauvages que misérables où le grotesque et le pathétique tiennent les premiers rôles. Bienvenue chez les marginaux de l'Amérique profonde, ceux qu'Harry Crews savait mettre en scène comme personne. Publié en 1969, Nu dans le jardin d'Eden est son second roman et il était jusqu'alors inédit en France. L'auteur du cultissime « Chanteur de gospel » y déroule une partition déjantée dont personne ne sort grandi. Dans ce paradis perdu devenu un enfer pour tous, la méchanceté est une seconde nature et la cupidité une raison d'être. La narration alterne entre le passé des différents protagonistes et le présent de la communauté. Le retour sur le parcours de chacun éclaire leurs attitudes et leurs actes. ll faut sans doute aimer cette ambiance crépusculaire peuplée d'affreux, sales et méchants pour apprécier toute la modernité d'un texte sans concession dont la fin d'une insoutenable cruauté laisse sans voix. Perso, je suis fan, totalement fan !
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Date : 26/02/2014 - 21:01:48 Auteur : belette2911 (via Babelio)

"Nu dans le jardin d'Éden" ne vous parlera pas d'Adam et Eve chassé du Paradis, mais plutôt le contraire : Dieu qui fou le camp, abandonnant ses misérables créatures dans ce qui se rapprocherait plus de l'Enfer que du Paradis d'Éden ! 1960. Garden Hills, une petite ville de Floride, sorte de trou du cul du monde d'où on extrayait du phosphate, tient plus d'un enfer que d'autre chose : les tâches y sont harassantes, horriblement sales à cause du phosphate, et répétitives à la limite de l'absurde, comme ce trou qu'un homme - Wes - creuse tous les jours et qui est rebouché la nuit On pourrait croire que les habitants n'étaient pas heureux, mais c'est tout le contraire : ils étaient tout content, les gens qui bossaient à l'usine d'extraction de phosphate de monsieur O'Boylan ! La routine, certes, mais l'argent de leur salaire les faisait vivre... Jusqu'à ce que O'Boylan (Dieu) se retire de ce trou à rat, laissant les gens en plan. Une douzaine de familles résistent encore et toujours, s'accrochant aux collines poussiéreuses et aux lacs sans poissons au lieu d'aller chercher fortune ailleurs. Car dans leur petite tête, O'Boylan va revenir, cette absence de la divinité, qui les nourrissait en les faisant travailler, ne peut être que temporaire. C'est ce constat qui donne un sens à leur présence dans cet endroit désolé. Ici, nous sommes dans un vrai roman noir, limite huis clos puisque, en plus d'être dans le trou du cul phosphaté du monde, nous suivons la vie de trois personnages principaux (Fat Man, Jester et Dolly) et quelques autres secondaires (Wes dit "Iceman" et Lucy). Les seuls moments où nous quittons la petite ville, c'est lorsque nous suivons leur parcours de vie "antérieure". Si ces habitants attendent le retour de O'Boylan comme d'autres attendent le Messie, c'est parce que Fat Man - 280 kg à poil - a entretenu cette flamme en racontant sa fable : O'Boylan reviendra ! Fat Man, dont le père a touché un pactole en vendant les terres à O'Boylan, trône dans sa grande baraque sur les hauteurs. Un autre Dieu puisqu'il a maintenu un simulacre de vie normale à Garden Hills depuis le départ de l'usine et que "Les hommes pour qui Dieu est mort s'idolâtrent entre eux" (Le Chanteur de Gospel - 1968). Les familles qui végètent à Garden Hills sont des pathétiques doublés d'assistés. D'ailleurs, s'il n'y avait pas le talent d'écriture de l'auteur additionné à un scénario bien monté, des personnages travaillés et goupillé avec tout le reste, on pourrait même dire que ces gens sont des cons, des débiles et des gros naïfs. Mais cela eut été trop simple et trop facile que d'en faire des cons, et le roman n'aurait pas mérité son titre de roman "noir". Non, on l'aurait appelé "Lost Story", tout simplement. Ces gens, on apprend à les connaître et on comprend le pourquoi du comment... Une partie de la force du roman réside là-dedans. Mensonges, cupidité, trahisons, manipulations, freaks (monstres humains) prostitution soft (pelotage), espoirs entretenus, despotisme, misère, voyeurisme,... C'est tout cela qui est réuni dans ce livre dont je ne puis vous en dire plus tellement le scénario est riche sans être alambiqué, travaillé, bien pensé, bien pesé, jusqu'à un final dantesque. Une lecture coup de coeur, coup de poing, courte, mais bonne et qui va me trotter dans la tête durant de longues années ! Note : dans la salle de bain de Fat Man, construite par O'Boylan, il y avait la représentation de Michel-Ange "La Création" où Dieu et Adam se touchent le doigt, car si Dieu a créé l'homme à son image, l'homme a créé Dieu à la sienne. Et tout s'explique...
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Date : 19/03/2014 - 21:11:27 Auteur : Amnezik666 (via Babelio)

Bienvenue au coeur de la noirceur et de la misère d'une communauté oubliée de tous ou presque. Comment se fait il qu'il ait fallu attendre 2013 (soit l'année suivant le décès de l'auteur) pour que ce petit bijou, écrit en 1969, bénéficie d'une publication en VF ? Pourtant Harry Crews lui même fait ce qu'il faut pour attiser notre curiosité : "C'est le meilleur roman que j'aie écrit. Au moment où je l'ai terminé, je savais que jamais je ne ferais rien d'aussi bon." Paré pour une coloscopie dans le trou du cul du monde ? Le bled en question est aussi déglingué que paumé, noyé sous la poussière et la puanteur du phosphate. Pour ceux qui restent, victimes d'un rêve brisé, il subsiste l'espoir d'un retour à la prospérité, le retour du fils prodigue qui relancera la mine. A se demander s'ils y croient vraiment ou s'ils se rattachent à ce rêve pour éviter de crever la gueule ouverte, le nez dans leur misère. Pathétique me direz-vous ? Et bien non justement, et c'est là tout le talent d'Harry Crews, sous sa plume il donne à chacun de ses personnages une profondeur et une humanité presque palpable. L'auteur nous plonge dans la vie de quelques uns de ces paumés abandonnés de tous, quelques flashbacks permettent de découvrir leur parcours. Fat Man et Dolly bien sûr, mais aussi des personnages secondaires comme Jester ou Iceman. Des rencontres émouvantes, des destinées hors normes, au fil des pages vous partagerez leurs émotions. Si vous souhaitez de l'action passez votre chemin. Toutefois, même s'il ne passe pas grand chose de palpitant à Garden Hills, je peux vous promettre que vous ne vous ennuierez pas une minute en lisant ce bouquin. Le récit est intemporel, il pourrait s'appliquer à n'importe quel bled qui subirait le même coup du sort de nos jours.
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